Se préparer à vivre des changements importants pour la revitalisation de notre Église diocésaine et charlevoisienne: un résumé de la situation par notre curé Armand Bégin.

Suite à une série de quatre rencontres avec notre pasteur diocésain, monseigneur Lacroix,  ses évêques auxiliaires et le chancelier du diocèse l’abbé Jean Tailleur, j‘ai choisi, aujourd’hui, de vous entretenir au sujet du présent et de l’avenir de nos communautés chrétiennes, surtout en ce qui concerne le personnel des prêtres, qui seront disponibles et des aménagements qui seront rendus obligatoires à cause de cela.

Plusieurs d’entre vous avez probablement connu le diocèse de Québec du temps où il y avait 260 paroisses, avec chacune un curé et un conseil de fabrique. Le diocèse comptait au-delà de 1000 prêtres diocésains et quelques-uns de communautés religieuses.  Actuellement, selon les statistiques, 96 prêtres œuvrent pour le diocèse (en paroisse) 37 qui sont curés, 51 qui sont vicaires, et 8 prêtres-collaborateurs (de 65 ans et plus).

La projection pour 2022 (dans 4 ans) est de 37 à 54 prêtres, parmi lesquels entre 22 et 29 seraient appelés comme curés et de 15 à 25 autres prêtres, qui seraient appelés à être vicaires ou prêtres-collaborateurs.(Ça, c’est la projection idéale; si personne ne meurt ou ne devient malade, ou choisit de ne pas prendre sa retraite tout de suite.

Pour répartir tout ce beau monde, le territoire du diocèse a été réparti en 6 secteurs = pour ce qui nous concerne, notre territoire va couvrir Charlevoix-Est (10 communautés autour de la Malbaie), Charlevoix-Ouest (9 communautés autour de Baie St-Paul), et la Côté-de Beaupré jusqu’à Boischâtel (autour de Ste-Anne de Beaupré) (5 communautés en tout).  Ça fait donc 24 communautés, qui seront desservies par 2 prêtres, disponibles, car c’est à peu près cela qui nous attend pour 2022, selon les projections; en tenant compte d’une vision réaliste, que vous retrouvez au bas de la page et qui parle de 14 curés assurés et d’une trentaine de prêtres, qui seront vicaires ou collaborateurs, dont un bon nombre aura plus de 60 ans. (et cela pour tout le diocèse). Vous vous imaginez qu’avec ce qui s’en vient, il faut être réaliste, et constater qu’on ne peut fonctionner comme avant, et espérer continuer à offrir tous les services de la même façon, comme on le faisait du mieux possible, jusqu’ici.

C’est pour cette raison que dès cette année, nous l’avons annoncé au prône lors d’une messe de fin de semaine, chacune de nos 9 communautés regroupées sous la paroisse St-François d’Assise vivra 2 des 4 célébrations de la semaine Sainte; comme par exemple, Baie St-Paul aura jeudi saint et Vigile Pascale, et 3 autres communautés vivront les mêmes célébrations chez elles. Et St-Placide, de même que 3 autres communautés, vivront, cette année, le Vendredi Saint et Pâques. Et l’an prochain, nous ferons l’inverse, les communautés qui auront vécu jeudi saint et vigile pascale auront vendredi saint et Pâques, et vice-versa. C’est préférable de commencer les changements petit à petit, ce qui fait qu’ils sont plus faciles à prendre, au lieu de tout transformer tout d’un coup.

Mais la réalité nous rattrape, et nous montre bien qu’il ne sera pas possible de tout conserver:

– avec 2 prêtres, les 24 communautés ne pourront pas avoir la messe toutes les fins de semaine.

– et ça risque d’influencer les funérailles aussi et les mariages, qui sont probablement appelés à uniquement des célébrations de la Parole, mais sans la messe.

– et ça veut dire qu’en semaine sainte, il y aura encore moins d’office. Certains ensembles de communautés, dans le diocèse, ont déjà pris des orientations en ce sens = par exemple, ils font une seule célébration du jeudi saint pour tout leur ensemble de communautés, une seule pour le vendredi saint, une seule pour la Vigile pascale et une seule pour Pâques. On n’en est pas encore rendus là pour nous, mais ça s’en vient pour très bientôt. (2022) 

Il y a aussi un autre fait incontournable, la participation à nos célébrations est moins grande, et alors, ça ne justifie plus de faire des célébrations pour chaque église concernée, ça devient de la dispersion Il faudra donc développer des nouvelles manières de ressourcer sa foi, nous devrons faire autrement. Et ça peut même arriver que certaines communautés ferment, parce qu’il n’y aura plus assez de monde qui les fréquenteront.  Le monde a changé et ça influence nos manières de faire, en communauté chrétienne; les réalités de la foi ne rejoignent plus tout le monde de façon automatique et nos pratiques religieuses actuelles ne sont pas transmises nécessairement; ça ne fait pas du monde plus mauvais pour autant, mais ça fait que les services sont moins demandés.

Ça veut dire aussi que les curés seront appelés à ne pas être les répondants de l’administration, et à laisser ce rôle à des gérants de fabrique; et que la vitalité de chaque communauté chrétienne dépendra du nombre de personnes, prêtes à s ‘impliquer. Ne survivront que les communautés, qui auront à cœur de garder de la vie au sin de leur milieu de vie.

Il faut donc s’y préparer et en informer le monde, qui ne le sait pas pour préparer les mentalités à une autre manière de faire Église.

# Et ne soyons pas tentés de quitter la barque, faisons comme Jésus et ses Apôtres, qui ont affronté les tempêtes et les moments difficiles et qui ont trouvé des façons nouvelles de faire Église.

 

Posté le : 1 avril 2019