Lettonie : comme Marie, se compliquer la vie pour les autres

Homélie du pape au sanctuaire d’Aglona (Texte intégral)

Anne Kurian

« Allons à la rencontre de notre peuple pour le consoler et l’accompagner ; n’ayons pas peur d’expérimenter la force de la tendresse et de nous impliquer et de nous compliquer la vie pour les autres », a exhorté le pape François en célébrant la messe près du sanctuaire de la Mère de Dieu d’Aglona, ce 24 septembre 2018. Il a plaidé pour la « fraternité universelle ».

Après son déjeuner à la maison diocésaine de la Sainte-Famille de Riga, au troisième jour de son voyage dans les Pays baltes, le pape a rejoint en hélicoptère le Sanctuaire de la Mère de Dieu d’Aglona, abritant une Vierge Noire ancienne, dans la région de Latgale, à 200 km à l’est. Il a célébré la messe sur le terrain du sanctuaire, méditant dans son homélie sur la figure de Marie “clouée” au pied de la croix.

« A côté de ceux qui souffrent, de ceux que le monde entier fuit, de ceux aussi qui sont poursuivis en justice, condamnés par tous, déportés. Ils ne sont pas seulement opprimés ou exploités, mais ils sont directement “hors du système”, aux marges de la société… il y a aussi la Mère, clouée avec eux sur cette croix de l’incompréhension et de la souffrance », a souligné en italien le pape, qui était traduit au fur et à mesure en letton.

Le pape a fait observer qu’ »on peut rester à côté de très nombreuses personnes, on peut aussi partager la même habitation, le quartier ou le travail ; on peut partager la foi, contempler et jouir des mêmes mystères, mais ne pas accueillir, ne pas accepter l’autre avec amour ».

Et d’encourager : « En des temps où semblent revenir des mentalités qui nous invitent à nous méfier des autres, qui avec des statistiques veulent nous démontrer que nous serions mieux, nous aurions plus de prospérité, il y aurait plus de sécurité, si nous étions seuls, Marie et les disciples de ces terres nous invitent à accueillir, à parier de nouveau sur le frère, sur la fraternité universelle. »

En conclusion, le pape a invité à « privilégier les plus pauvres, à relever ceux qui sont tombés et à accueillir les autres comme ils arrivent et se présentent devant nous ». Pas de « brève visite » ni de « tourisme solidaire », a aussi averti le pape : « Il faut que ceux qui souffrent réellement nous sentent à leurs côtés et de leur côté, de manière ferme, stable ».

Posté le : 4 octobre 2018